Vaccinations et maladie de Waldenström

Suite à une proposition du Dr. Debureaux (Service d’Immunologie Hématologie – Hôpital Saint-Louis, PARIS), Waldenström France vous propose de partager sous forme d’articles les réponses aux questions les plus fréquentes qui nous sont posées par les Walds.

Réponse fournie par le Dr Gras (infectiologue à Saint Louis), le Dr Royer (Hématologue à Saint Louis) et le Dr. Debureaux :

La maladie de Waldenström peut fragiliser le système immunitaire et augmenter le risque d’infections, même en l’absence de traitement. La vaccination est donc une mesure importante de prévention surtout chez les sujets âgés principalement touché par la maladie. Il est préférable, lorsque cela est possible, de réaliser les vaccinations avant le début d’un traitement, en particulier avant les traitements par anticorps anti-CD20 (comme le rituximab), qui peuvent diminuer l’efficacité des vaccins pendant plusieurs mois.

Toutefois, les vaccinations restent recommandées même pendant le suivi ou les traitements.

Les vaccinations généralement conseillées chez les patients âgés et atteints d’hémopathie sont :
  • la vaccination contre la grippe chaque hiver en privilégiant un vaccin fortement dosé (EFLUELDA) ou adjuvanté (FLUAD) qui permet de limiter les formes graves et le risque ;
  • la vaccination contre le COVID-19, idéalement avec des rappels réguliers selon les recommandations médicales (tous les 6 mois en cas de traitement sinon annuelle) ;
  • la vaccination contre le pneumocoque, qui protège contre certaines pneumonies graves (une dose de PREVENAR 20 ou de CAPVAXIVE – pas de recommandations actuelles sur la nécessité d’un rappel);
  • la vaccination contre le zona (Shingrix® en deux doses espacées de 1 à 6 mois) ;
  • la vaccination contre le VRS chez les personnes de plus 75 ans (ou dès 65 ans en cas de pathologie pulmonaire sous jacente – BPCO, asthme);
  • le rappel diphtérie–tétanos–poliomyélite-coqueluche tous les 10 ans.

La vaccination de l’entourage des patients pour la grippe et le COVID est également fortement recommandée, indépendamment de l’âge et des comorbidités.

Ces vaccinations utilisent des vaccins inactivés, compatibles avec une immunodépression. Ils ne présentent pas d’effets secondaires en dehors de réactions locales au site d’injection le plus souvent bénignes et rapidement résolutives. La vaccination ne présente aucun risque de déclencher une poussé de la maladie de Waldeström ou d’aggraver celle-ci.

Les vaccins vivants atténués (fièvre jaune, varicelle, rougeole) sont en revanche contre indiqués en cas de traitement ; dans ce cas, il est nécessaire de consulter votre médecin afin de poser l’indication ou non.

En pratique, le calendrier vaccinal doit être adapté à chaque patient en fonction de l’âge, des traitements et de l’état immunitaire. Il est donc important d’en parler avec son hématologue.

Et en cas de traitement par inhibiteur de BTK (ex : zanubrutinib) ?

Les inhibiteurs de BTK, comme le zanubrutinib, peuvent également diminuer la réponse aux vaccins.
Les études montrent que la production d’anticorps après vaccination peut être plus faible chez ces patients.

Cependant, même si la protection est partielle, la vaccination reste recommandée.

Elle peut :

  • réduire le risque de formes graves
  • diminuer les hospitalisations
  • apporter une protection résiduelle utile

C’est pourquoi les vaccins contre la grippe et le COVID restent fortement conseillés, même sous traitement.

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